Boites Vibert Box : une solution pour tout : truites, saumons, salmonidés, salmoniculture, réempoissonement, alevinage, pisciculture, fédérations de pèche, associations de pèche, FPPMA, AAPPMA....
Acceuil L'invention : la boite Vibert L'inventeur : Richard Vibert Archives - Presses - Médias COFA : notre distributeur Nous contacter

Richard Vibert Le papa de la “petite boîte”

Tous les pêcheurs connaissent un peu Richard Vibert, mais le plus souvent sans le savoir. Vibert, Vibert...? Comme la boîte? Gagné! C’est en effet grâce à cette curieuse petite boîte en plastique transparent, percée de nombreux trous allongés, que tous les pêcheurs français et étrangers,ou presque, ont entendu parler de Richard Vibert.


Tous les pêcheurs connaissent un peu Richard Vibert, mais le plus souvent sans le savoir. Vibert, Vibert...? Comme la boîte? Gagné! C’est en effet grâce à cette curieuse petite boîte en plexiglass transparent, percée de nombreux trous allongés, que tous les pêcheurs français et étrangers,ou presque, ont entendu parler de Richard Vibert.

C’est presque par hasard que Richard Vibert se dirige vers ce qui deviendra pour lui à la fois son métier et une véritable passion : l’écologie et la gestion des rivières et des poissons. C’est, en effet, sur les conseils de son oncle, mais aussi «pour travailler un peu dehors » que Richard Vibert, baccalauréat en poche, choisit les Eaux et Forêts. Après des études brillantes, son premier poste, à Bourg-en-Bresse, en 1936, va largement influencer la suite de sa carrière : il est chargé de la construction d’un établissement de pisciculture. Le bâtiment édifié, reste à le faire fonctionner. Richard Vibert désire que les repeuplements en truites s’effectuent avec des alevins aussi rustiques que possible. Il décide alors de capturer des géniteurs sauvages. C’est ainsi qu’avec sa brigade, il part en « expédition », en hiver, sur les affluents de la rivière d’Ain. Cet épisode est sans doute le point de départ de l’étroite relation qui va lier Richard Vibert aux milieux aquatiques et qui, peu à peu, va se muer en une passion qui ne s’est jamais démentie.

Une brigade spéciale
Après une année de guerre, il change d’affectation et part pour un nouveau poste à Oloron, dans le Béarn. Il n’a plus alors en charge que les eaux. Il empoigne aussitôt la problématique des saumons à bras-le-corps — à moins que ce ne soit l’inverse... Il faut dire qu’à cette époque, il en remonte un peu plus dans le gave d’Oloron qu’aujourd’hui! Richard Vibert aime d’ailleurs à rappeler « qu’un jour on a même retrouvé un saumon de 17kg dans une nasse »... Ces rentrées de saumons, encore relativement abondantes, excitent mille convoitises chez les habitants de la vallée, qui les pêchent pour les vendre. Les actes de braconnages sont donc nombreux, particulièrement en automne, à la reproduction, quand les saumons se concentrent sur les zones de frayères. Pour bien appréhender le problème, il ne faut pas perdre de vue que la capture des saumons représente après-guerre, alors que le niveau de vie est plutôt bas, une source de revenus importante. Pour réprimer les actes de braconnages, Richard Vibert met en place une brigade de gardes-pêche spéciale, très active, qui opère en canoës. Ces patrouilles descendent ainsi le gave la nuit, dans le plus grand silence, pour surprendre les braconniers en action.

Pas de saumon pour Vincent Auriol!
Même si cela n’avait pas fait partie de son travail, Richard Vibert n’aurait pu que condamner ces actes délictueux car rigueur et droiture sont les deux qualités qui le caractérisent. Une anecdote résume mieux que de longs discours l’intégrité du bonhomme. Pendant que Vibert est en poste à Oloron, le Béarn reçoit la visite de Vincent Auriol, alors président de la République. Un fonctionnaire, chargé d’organiser son séjour, demande à Richard Vibert de lui fournir un saumon pour le repas. La pêche du saumon étant fermée à cette époque, ce dernier s’y oppose et, devant l’insistance de l’employé, il exige un ordre écrit. Cet ordre ne viendra jamais et Vincent Auriol, mis au courant, aura ces mots : « Je suis le premier fonctionnaire de I ‘Etat, je dois donc montrer l’exemple. » Autres temps...


Richard Vibert et Huguette Bouchardeau

Richard Vibert a été fait commandeur de l’Ordre national du mérite le 20 novembre 1985 par la ministre de l’Environnement de l’époque, Huguette Bouchardeau.

Une boîte à trous
Déjà à cette date, les remontées de saumons diminuent. Pour y remédier, Vibert utilise la pisciculture de Lees-Athas pour produire des saumons. En outre, désireux d’utiliser les alevinages en œufs embryonnés, qui semblent donner de bons résultats avec les saumons du Pacifique, il se met au travail pour améliorer la méthode la plus utilisée jusqu’alors, dite de la caisse Harrisson. II finit par réaliser une petite boîte percée de nombreux trous pour permettre l’irrigation des œufs. Ces perforations sont suffisamment étroites pour retenir les œufs, mais assez grandes pour laisser sortir les alevins après l’éclosion. C’est la naissance de la boîte Vibert, dont la première utilisation date de 1950. Couramment employées aujourd’hui par les gestionnaires de la pêche, plus d’un million d’entre elles ont déjà servi. Elles ont également donné naissance à des procédés équivalents comme la WhitlockVibert box en Amérique du Nord, de plus grande taille (à l’échelle américaine...), et la boîte Calderon en Espagne, s’inspirant quasiment trait pour trait de celle de Vibert. Dans le gave d’Oloron, des campagnes de pêche de géniteurs sont effectuées en période de reproduction, et les œufs, mélangés avec la laitance des mâles, sont immédiatement placés dans les boîtes, enfouies sous des graviers pour une longue période d’incubation.

Richard et Jean-Claude Vibert
(Richard Vibert et son fils Jean-Claude Vibert)

« Mon père appartient à une famille d’ingénieurs «  aime dire la fille cadette de Richard Vibert, Anne. Il est vrai que le père de Richard, CIaude-Charles Vibert, né en 1876, a été ingénieur de l’Ecole centrale et a mis au point les premières FéronVibert. Cinquante modèles de ces automobiles de grand luxe sortiront des usines de Soissons entre 1905 et 1907. Ses trois fils sont tous ingénieurs dans des domaines différents. C’est sur les conseils d’un oncle que Richard choisira les Eaux et Forêts, pour ne se consacrer bien vite qu’aux eaux et aux poissons, et plus particulièrement les truites et les saumons.


Les Kerguelen

« En 1958, Richard Vibert accompagneses boîtes jusqu’aux îles Kerguelen, pleines d’œufs de truites et de saumons de fontaine...”

Grâce à cette invention, Richard Vibert acquiert une renommée internationale, Il est invité à l’étranger lors d’échanges ou d’expertises, et notamment au Canada, pays avec lequel il entretiendra toujours d’excellents rapports. C’est vers la fin des années 50 que l’expérience la plus marquante a lieu. Les îles Kerguelen (possession française dans les terres Australes) comptent de nombreuses rivières et lacs, tous vierges de poissons, et propices, semble-t-il, aux salmonidés. Leur acclimatation y est alors décidée. Une première tentative échoue en 1957 et l’année suivante, c’est Richard Vibert en personne qui accompagne ses boîtes, pleines d’œufs de truites et de saumons de fontaine...

 

incubation des oeufs
À
l’extrême droite sur la photo, Richard Vibert surveillant l’incubation d’œufs de saumons dans les bacs d’alevinage d’une pisciculture, à Bidarray. La scène se passe en 1948.

 

brigade mobile de garde-peche
Le poste de garde des frayères de Légugnon. Dès son arrivée à Oloron, Richard Vibert lutte contre le braconnage en créant la brigade mobile de gardes- pêche. Surie toit de la voiture, le canoë utilisé pour descendre le gave.., en silence !

 

capture des geniteurs
Sur ces frayères étaient capturés les géniteurs dont on prélevait œufs et laitance

Président de I’Aidsa
Cette fois, l’introduction est un succès et aujourd’hui encore, des truites de plusieurs kilos, descendantes migratrices des pionnières de 1958, remontent les rivières des Kerguelen.
Bien qu’en relation étroite avec les rivières et les poissons, Richard Vibert ne sera jamais un vrai pêcheur, suite à un accident à la main droite. Il fréquente, en revanche, quelques grands noms de la pêche. C’est ainsi que débute son amitié avec Léonce de Boisset, ou encore qu’il noue des liens avec Tony Burnand, autre figure du monde halieutique.
La vie de Richard Vibert fut une vraie vie de passion mais aussi de labeur. Les dernières vacances de ce forçat du travail datent de 1944, soit trente ans avant qu’il cesse toute activité «Le week-end, racontent ses enfants, il avait toujours quelque chose à faire et nous l’accompagnions. C’était bien souvent des visites de pisciculture, mais parfois autre chose. Il ne s’arrêtait jamais. » Pourtant, l’inéluctable survient et l’heure de la retraite sonne. Il se retire alors dans le Pays basque pour un peu de repos bien mérité. Hasard de la vie ou caprices du destin, les poissons ne se décident pas à le laisser en paix. René Richard qui, en 1973, fonde l’Aidsa (Association internationale de défense du saumon Atlantique) lui en propose la présidence. La défense et la protection d’un animal avec lequel il entretient depuis de nombreuses années une relation privilégiée correspondent tout à fait à Richard Vibert, qui reprend du service. «Monsieur saumon », comme l’appellent affectueusement les enfants de ses cousins, passe ainsi sept ans à la tête de l’Aidsa, à laquelle il consacre l’essentiel de ses journées. Aujourd’hui, à 94 ans, Richard Vibert coule des jours tranquilles au bord de l’Atlantique, à deux pas du Béarn et du gave d’Oloron...

Marc Delacoste
Extrait de « La Pêche et les Poissons » avril 2001

 

 

optimisé pour iPhone
optimisation iPhone et Firefox
optimisé pour Firefox